Je manque encore de foi, de confiance. Le monde extérieur me fait de plus en plus peur. Le simple fait de manger dans un cinéma et la police peut rappliquer. La société devient de plus en plus une réelle dictature… Et que faire contre des policiers qui ont la force physique pour eux, qui peuvent même me tuer et tuer mes proches ?
Et c’est le même manque qui m’empêche d’avancer professionnellement, de créer, de prendre des risques. Bien que j’ai beaucoup progressé, je ne me sens toujours pas en totale sécurité. Certaines parties de moi ne sont pas encore convaincues par le fait que je ne risque rien, qu’il ne peut rien M’arriver.
Le souvenir que ce monde n’est qu’une illusion, que mon âme ne risque rien, n’emplit pas encore toutes les parties de mon esprit. Il m’arrive encore par moment, par exemple lorsque je me réveille mal, d’être totalement déboussolé, de douter de tout ce dont je me suis rappelé, en ne voyant plus sur quoi cela repose, avec la sensation, fort désagréable, que je n’ai aucune garantie.
Et en un sens, c’est vrai. Il n’y a aucune garantie. Car pour en être assuré, il faut déjà être dedans, il faut avoir choisi. Le problème c’est le choix. Choisir. En faire le choix. Complet, entier, de tout son être, même les parties les plus faibles et les plus sceptiques.
Tant que je n’aurai pas fait ce choix, comment pourrais-je jamais être tranquille ? Comment pourrais-je espérer créer et avancer ?
Mais, même à supposer qu’il y ait un risque, quel est-il exactement pour que je sois si terrifié ? La mort ? C’est la pire chose que je vois qui puisse arriver. Mais est-ce si terrible que cela ? Dans l’absence de foi, la vie est pâle et ennuyeuse. Je m’en suis souvent plaint. Alors, même si je devais mourir en m’étant trompé, qu’est-ce que cela aurait de si terrible ? Car alors, je ne serai plus, et je n’aurai donc plus rien à craindre, ni souffrance à endurer.
Mais en réalité, ce n’est pas la mort qu’il faut choisir. C’est la vie. C’est exactement comme chaque matin. Je me lève, au dernier moment, après avoir traîné les pieds le plus longtemps possible, et je me lève ensuite par obligation (bien que l’obligation soit totalement illusoire). Et la journée se présente alors tel que je l’ai posée à son commencement : à moitié joyeuse, à demi-mots. Alors que si je me lève de mon plein gré, en choisissant la vie (et ses passages difficiles), alors la journée se présente sous un tout autre jour : celui de la joie et de la création.
Une amie m’a dit qu’elle me voyait enfant, refusant de m’incarner. Et quand j’ai vu hier les photos de moi à la naissance, c’est ce que j’ai cru voir aussi. Avant même d’être arrivé, j’étais dans la souffrance et dans le rejet.
Malgré ses allures terrifiantes, qui ne sont qu’illusoires, la vie terrestre est le seul moyen d’expérimenter et de donner vie aux splendeurs de l’au-delà. Ce n’est qu’un jeu, et je ne risque rien. Un jeu. Une interface. Une illusion.
C’est comme si je lançais un jeu vidéo et que je ne bougeais pas, ou que je faisais les 100 pas dans le premier niveau, de peur de me faire tuer. Mais ce n’est qu’un jeu, et si je loupe mon coup, ça n’a aucune importance, je peux recommencer autant de fois que je le veux. Ou pas.
Et non seulement je n’ai pas à avoir peur, mais je dispose aujourd’hui d’outils formidables : je peux m’assurer de mon succès. Il n’a jamais suffit que de le vouloir. De le choisir. Je n’ai même plus à avoir peur de l’échec, car si je le choisis, cet échec ne sera plus possible ! Car les seuls possibles sont ceux que je choisis.
Alors, mon cher Cyrille, jette-Toi à l’eau, traverse les flammes, parcours la terre et envole-Toi dans les airs, et ainsi Tu incarneras l’Amour. Je Te montrerai que J’ai toujours été là, de toutes les façons.