Elle coure, elle s’éloigne, elle coure, elle observe de loin, elle coure, elle contourne, elle coure, elle se rapproche et…
« BOUH ! »
Et là, c’est un éclat de rire, c’est la vie qui éclate au milieu du parc et qui propage toute la joie qui coule dans les veines de cette toute petite fille aux cheveux bruns. Un rire sans retenue, un rire qui vient du coeur, un rire qui va au coeur.
Et la voilà à nouveau qui coure, qui s’éloigne, qui coure, qui observe de loin, qui coure, qui contourne, qui coure, qui se rapproche et…
« BOUH ! »
Nouveau rire, nouvel éclat de vie. Inlassablement, elle recommence, débordante de vitalité, telle une fontaine intarissable et…
« BOUH ! »
Et elle coure encore, elle s’éloigne, elle coure et… Elle s’arrête. La voilà devenue toute sérieuse. Elle ramasse quelque chose, elle marche lentement, elle s’approche, et elle pose une plume sur l’herbe. « C’est sale », lui dit-on, « laisse ça », mais elle n’obéit pas, elle résiste fièrement, elle protège son trésor et le souvenir d’une vie.
Mais la voilà à nouveau qui coure, qui s’éloigne, qui coure, qui observe de loin, qui coure, qui contourne, qui coure, qui se rapproche et…
« BOUH ! »
Entre deux rires, elle rapporte une seconde plume, avec un air solennel. Puis elle recommence, elle coure, et…
« BOUH ! »
Du rire, toujours. Elle ne se lasse pas de vivre, et moi, qui la regarde, je ne m’en lasse pas non plus.